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Compte-rendu de l’atelier SI bancaires
Forum de l’Atuge, 14ème édition – 21 juillet 2005



Gianluca Marcopoli, du cabinet Accenture, a ouvert la marche par une présentation générale durant laquelle il a commencé par présenter les principales problématiques métier des banques et a décrit le profil des « high performing banks »
M. Marcopoli a expliqué que le monde bancaire mondial a connu un pic de rentabilité en 2003 et a fait état des préoccupations et des nouvelles problématiques des banques après cette phase. En particulier cette phase a été caractérisée par une période de différenciation, tant au niveau des produits que des canaux de distribution. La différenciation recherchée pour pallier à la stagnation de la performance a aussi introduit une complexité difficile à gérer.
La présentation a ensuite illustré que les « champions » sont ceux qui ont réussi à se différencier tout en ayant un modèle opérationnel simple.

M Marcopoli a ensuite évoqué les investissements IT et leur état de l’art dans différentes grandes banques de la place mondiale. Parmi les éléments forts qu’on peut retenir de ce chapitre on peut citer le coût de maintenance qui représente en général dix fois le niveau des nouveaux investissements, ou encore que les dépenses IT se situent entre 10k€ et 40k€ par employé selon les banques. Une autre caractéristique préoccupante évoquée dans cette partie est que les grands projets IT ont en général un faible niveau de succès.

Par la suite il a été question des tendances. M. Marcopoli a souligné qu’on s’acheminait plus des développements propriétaires vers l’édition et l’intégration de progiciels, il a également décrit les différents systèmes des banques dont une partie caractéristique est dédiée à la gestion de très grands réseaux d’agences. A cette occasion M. Marcoploli a précisé que le pic de rentabilité se situe à 2500 clients par agence, et que la tendance est d’augmenter ce pic vers 3500 clients par agence, et ce grâce à des investissements IT.

Après ce premier panorama général, un zoom a été effectué sur les technologies et le cycle de vie des systèmes « core banking ». M. Marcopoli a expliqué que la recherche d’efficacité est souvent sous-tendue par une nécessité de remplacements, et il a cité des exemples de remplacements des systèmes des grandes institutions, dont beaucoup sont en cours en Europe, alors que le besoin de renouvellement est souvent renié en Amérique, tandis que de sérieux projets sont en cours de réflexion à l’international et notamment au Japon. Il était bon aussi de savoir le niveau de grandeur des projets SI majeurs, qui représentent 200 à 400M$ et s’étalent sur 3 à 4 ans.

Le deuxième temps de cet atelier a été assuré par Emna Kharouf, de la société Altime, qui a expliqué dans quelle mesure le SI est un levier efficace pour mettre en œuvre la stratégie de la banque. Dans son exposé Mme Kharouf a mis en avant la nécessité d’avoir un SI urbanisé, avec des fonctions séparées bien définies et bien délimitées, ce qui dote le SI d’une capacité à être modelé pour répondre à la stratégie. Mme Kharouf a décrit les différentes étapes à parcourir pour concrétiser une évolution, voire carrément une transformation, en partant de la définition de la stratégie jusqu’à la phase de pilotage de la transformation. L’exposé a détaillé la démarche de formalisation de la stratégie et des mécanismes de sa mise en œuvre, dont les éléments fondamentaux sont le recensement des différents processus et de leur degré d’adaptation à la stratégie, puis l’identification des besoins d’évolution au niveau de ses processus pour ajuster leur finalité et efficacité en alignement avec la stratégie définie. Avec ces idées en place, Mme Kharouf a pu aborder clairement l’objectif de cette partie en synthétisant les mécanismes permettant de mettre en place un SI modulable et réactif, qui soit vecteur de la mise en œuvre de la stratégie et de sa déclinaison opérationnelle.


Ensuite la parole a été accordée à Ali Yahyaoui, de la Banque Africaine de Développement, pour apporter un témoignage d’un environnement concret sur l’intérêt critique du SI pour une banque. M. Yahyaoui a commencé par présenter les activités de la BAD pour donner une vue métier préalable à la compréhension des enjeux, il a en cela décrit le mode de fonctionnement le la banque au travers des différents pays, ses spécificités, et son organisation générale. L’orateur a alors enchaîné avec la présentation du plan stratégique du Département Informatique et Méthodes, ce qui a pu permettre de découvrir les plans d’actions mis en place pour construire les objectifs recherchés et critiques pour la banque dans son contexte, dont certains thèmes sont par exemple la gestion du savoir ou l’efficacité organisationnelle.


Retour à Mme Kharouf, qui après le cas pratique présenté par M. Yahyaoui, a donné une vue d’ensemble de la situation en Tunisie. Il n’est pas étonnant de déduire que la grande inertie de l’existant maintenu sur le terme depuis des années a abouti à un état de fait lourd à gérer, voire carrément structurellement problématique, et une situation d’ensemble se caractérisant par des systèmes vieillissants. Mme Kharouf a également dressé un panorama des projets de refonte des SI des banques de la place tunisienne.

Succédant a tous ces exposés sur l’état de l’art et les principes métiers, ayant en poing la maîtrise de tous ces concepts, Mme Elyssa Msadaa de la société Talan et M. Nizar Lahyani de l’Union Internationale de Banques ont pris le micro pour présenter en tandem le projet de transformation engagé par l’UIB. En d’autres termes il s’agissait d’une illustration pratique de tout ce qui a été vu jusque là. Cette présentation a été introduite par la devise retenue par l’équipe projet : « le changement de SI n’est pas un projet informatique…c’est un projet bancaire »
Puis une explication des raisons du changement ne s’est pas faite attendre : la banque voulait tourner vers le client et maîtriser le marché, et la transformation du SI est un support et un levier pour cette stratégie. Parmi les cibles opérationnelles qui ont conduit cette transformation du SI on peut noter la sécurité et le contrôle des risques. Les intervenants ont aussi insisté sur les impacts métiers qui sont un aspect très fort de ce genre de transformation et qu’il faut gérer avec délicatesse et non sans hardiesse.
M. Lahyani et Mme Msadaa ont terminé avec une présentation de l’approche humaine et motivationnelle développée pour arriver à concrétiser ce projet. Comment y arriver ? Construire un état d’esprit et une implication globale, et bétonner la conduite du changement avec des valeurs rappelées continuellement : y croire, s’entourer, impliquer, anticiper/accompagner, responsabiliser.

A l’issue de ces présentations, le micro a été cédé aux participants dans la salle pour un débat. Les questions ont été diverses et on peut citer certaines d’entre elles qui ont été soulevées : quelle est la valeur créée pour le client final par cette transformation menée par l’UIB, ou encore quelle est la capacité des sociétés de services tunisiennes à accompagner les grandes banques tunisiennes dans des projets d’envergure.
Le temps s’était fait discret dans le foisonnement d’idées et d’échanges avant de surgir et inviter les participants à libérer la salle, qui sont allés trouver une consolation dans le cocktail amical qui a acté la fin de la 14ème édition du forum de l’Atuge.

Pour le Club Technolgies,

Walid Driss
walid.driss@atuge.org



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