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Juin 2005

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Hatem Mestiri, DSI de Tunisiana : «Tunisiana fera la différence grâce à la qualité de sa relation client et la richesse de son offre».

 
Interview réalisée par Ouissem Ghorbel,
lettre@atuge.org

 

 

 

 

 

OG : Pouvez vous nous présenter le parcours qui vous a mené à la Direction du Système d’information de Tunisiana ?

 

HM : Je suis arrivé en France en 1984 pour rejoindre le lycée Louis Le Grand à Paris. Après deux ans j’ai intégré l’école Centrale et je me suis orienté vers l’option informatique temps réel, de l’époque.

J’ai fini l’école en 1989 et j’ai directement commencé à travailler pour la branche « Intégration des systèmes » de Cap Gemini dans le secteur des télécommunications. J’ai ainsi travaillé pour le principal acteur du secteur à l’époque : France Télécom.

 

J’ai commencé dans un poste d’étude et développement et ensuite chef de projet, jusqu’à l’ouverture du marché des télécommunications mobiles. J’ai travaillé alors, en tant que chef du projet  « système de facturation » de Bouygues Télécom, qui était encore une start up de 30 personnes en tout (1994-1995).

 

L’ouverture du marché des mobiles en France a eu lieu en 1996. Elle a été suivie par l’ouverture du marché du fixe avec plus de 50 licences attribuées.

En 1998, le groupe Bouygues a participé à la création de 9Télécom en tant qu’opérateur  « Fixe » et j’ai été chargé du système d’information client de 9Télécom pendant 7 mois, après quoi, 9Télécom a été rachetée par Télécom Italia et je suis ainsi reparti vers Bouygues Telecom pour travailler sur le système d’information Entreprise de juin 1998 à  début 2002.

 

En février 2002, j’apprends par la presse qu’une deuxième licence d’opérateur mobile a été attribuée à Orascom Telecom en Tunisie. Je prépare alors un cv et je l’envoie au Caire, en candidature spontanée au PDG d’Orascom Jean Baptiste de Boissière, ancien Directeur général de France Télécom Mobile International.

Deux mois après, on me rappelle pour me proposer le poste de DSI du nouvel opérateur. On se donne rendez-vous à Paris et c’est là que mon histoire avec Tunisiana commence. Je rejoins Tunisiana fin juin 2002.

 

OG : Comment s’est présenté votre retour en Tunisie ?

 

HM : Le retour en Tunisie était souhaité, mais il fallait garantir l’adéquation entre ce que j’ai fait en France et le poste que j’allais occuper en Tunisie. Pour cela, la proposition de Tunisiana  était idéale.

 

 

OG : Y avait-il d’autres motifs à votre retour?

 

HM : Après 13 ans d’expérience professionnelle en France, je suis arrivé à des postes de responsabilité importante chez Bouygues Télécom. A ce moment là, la question du retour en Tunisie devient très importante. Je voulais absolument que mes enfants  puissent connaître leurs pays. Et à 37 ans c’était le moment ou jamais.

 

Je suis arrivé en Tunisie le jour de la finale de la coupe du monde 2002.

Il y avait 2 consultants externes et moi à la DSI de Tunisiana. Ma première tâche était de recruter massivement et ensuite de lancer rapidement les projets de démarrage de Tunisiana et enfin d’organiser le travail avec le reste des composantes de la structure.

 

 

OG : Avez-vous senti un changement dans l’environnement professionnel?

 

HM : A la fin de mon expérience chez Bouygues Télécom, j’étais dans une structure stable avec un environnement concurrentiel très ouvert. Alors que Tunisiana était une entreprise très jeune.

En arrivant, j’ai intégré une petite start-up d’une quinzaine de personnes, constituée d’une majorité d’expatriés français, et de quelques atugéens. Mais, on travaillait dans un environnement professionnel tunisien et l’entreprise restait entièrement tunisienne.

Globalement, j’ai trouvé l’environnement professionnel tunisien très dynamique.

 

OG : Votre première tâche a été de recruter, quel type de profils cherchiez-vous ?

 

HM : On cherchait à la fois des experts et des managers :

D’abord des profils d’expertise : des techniciens de supervision, des ingénieurs réseau ou sécurité… Les profils expérimentés nous intéressaient particulièrement, ils se trouvaient dans le secteur bancaire. Mais nous avons rencontré des difficultés à les recruter, ce qui est sans doute une histoire d’habitude de l’employé tunisien. De plus Tunisiana était une entreprise qui débute et l’insécurité de l’emploi fait peur aux gens.

 

Ensuite, il nous fallait des profils de management (chef de département et chef de service) et ç’était très difficile également. En effet, la structure de beaucoup d’entreprises tunisiennes est sur le modèle du « capitalisme du père de famille » : c’est à dire qu’il y a un patron, et très peu de structure de management intermédiaire. Ce modèle est menacé, face à la concurrence mondiale, il devra évoluer.

Nous avons finalement recruté deux personnes issues des grandes écoles françaises et un directeur de SSII recruté en Tunisie.

 

Nous étions assistés dans notre démarche de recrutement par un cabinet de recrutement. Nous avons constaté que les annonces dans la presse étaient inefficaces.

 

OG : Votre deuxième tâche a été de participer au lancement de Tunisiana. Après quelques années, quelle est votre position actuelle sur le marché des mobiles en Tunisie ?

 

HM : en 2004, le marché comptait 3,6 millions d’abonnés au téléphone portable sur un marché d’une taille potentielle de 6 millions de clients. Tunisiana en comptait 1,1million, càd 30% de part de marché. Notre objectif est d’avoir 45-50% de part de marché dans les prochaines années. Nous pensons faire la différence sur la qualité de la relation client et la richesse de notre offre. A la DSI,  nous avons de grands chantiers en cours sur ces sujets.

 

OG : Quel est l’environnement réglementaire dans les télécommunications en Tunisie ?

 

HM : Le gouvernement a créé les structures réglementaires nécessaires pour la concurrence dans le marché des télécoms : L’INT. Cette structure doit aujourd’hui prendre plus de poids afin d’appliquer la réglementation sur les différents opérateurs.

Elle doit également assouplir certaines dispositions relatives à la commercialisation des offres. Ceci rendra le marché plus souple et plus concurrentiel.

 

 

OG : Quelles sont les perspectives pour les technologies de l’information en Tunisie ?

 

HM : Sur le marché des mobiles, les licences spécifiques 3G ne sont pas encore attribuées. En revanche les technologies GPRS et EDGE sont planifiées pour le premier semestre 2005 ce qui permettra des connexions à 200kb pour nos clients. Des services tels que le MMS pour les clients résidentiels et « Mobile Office » pour les entreprises seront commercialisés.

 

En ce qui concerne l’Internet, la Tunisie a montré sa préparation aux nouvelles technologies à travers son engagement dans l’ADSL. De plus, le réseau tunisien aura bientôt accès à une bande passante supérieure grâce à sa participation au projet « Sea-Me-We-4 ».

 

Ceci nous permettra sans doute de renforcer notre position sur le marché mondial de la sous-traitance (Back Office, Call centers…)

 

OG : Y a-t-il une demande aujourd’hui sur des problématiques d’intégration de systèmes ?

 

HM : Oui, le besoin existe, clairement. Tunisiana investit beaucoup pour son système d’information en se basant sur les standards internationaux et des synergies avec les filiales du groupe Orascom.

Le marché de l’intégration des systèmes n’est pas pérenne aujourd’hui. L’état doit jouer un rôle pour lancer ce secteur en investissant dans les systèmes d’information des entreprises publiques et en utilisant des standards garantissant une évolution maîtrisée dans le temps. Ceci sera un premier moteur pour les intégrateurs tunisiens et entraînera les entreprises privées. Les intégrateurs tunisiens pourront alors se constituer une assise forte sur les marchés public et privé, avoir des références sur le marché intérieur avec lesquelles ils pourront peut être entreprendre sur le marché extérieur.

 

OG : En novembre prochain, la Tunisie accueille le Sommet Mondial de la Société de l’Information. Quelle sera la participation de Tunisiana ?

 

HM : D’abord, cet événement sera sans doute l’occasion pour la Tunisie de montrer, encore une fois, tout son savoir-faire. Ce sera également un moyen d’accélérer la transformation et les moyens de la Tunisie en technologies de l’information.

Tunisiana sera très présente à cet événement à travers un stand de démonstrations.

 

OG : Quels conseils donneriez-vous aux atugéens  en France ?

 

HM : Pour les atugéens encore en école, il est intéressant de travailler dans des entreprises internationales, pendant un certain nombre d’années. Ceci leur permettra de se construire des benchmark des pratiques « standard quality » en entreprise.

Pour ceux qui commencent à travailler, mes conseils sont de développer des compétences dans les domaines de la finance, le marketing, le conseil et le management.

 

OG : Tunisiana a fait sa toute première sortie publique en Tunisie en juillet 2002 au FORUM ATUGE, quelques mois avant le lancement de son offre sur le marché. Depuis Tunisiana participe régulièrement à cet évènement. Quelle vision avez-vous du Forum ATUGE ?

 

HM : Le forum ATUGE constitue une occasion idéale pour faire connaître Tunisiana auprès d’un public avisé de cadres et de managers de haut niveau. Il est également l’occasion de séduire les atugéens désireux de travailler dans un environnement stimulant et dynamique qui peut leur offrir une opportunité de carrière.

 

Merci,



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